Le dépistage scolaire, enjeu majeur pour la santé visuelle des enfants

Bien voir pour réussir à l’école est un enjeu majeur. Nous avons la chance, en France, de bénéficier d’un dépistage scolaire dès la maternelle. L’AsnaV et l’AFPSSU*, association partenaire, font le point sur un dispositif efficace, qui n’en reste pas moins perfectible.

En France, le dépistage visuel en milieu scolaire commence dès la petite et la moyenne section de maternelle avec l’intervention de la PMI. Le relais est pris en grande section, ou à défaut au CP, par la santé scolaire, avec des examens de vue pratiqués par le médecin ou l’infirmière de l’Education Nationale. Deux autres bilans sont effectués en classe de CE2, puis dans les deux premières années de collège. ‘’Ce dispositif de dépistage scolaire est un luxe de notre pays’’, expose Marie-Hélène Lépinette, Secrétaire Générale adjointe de l’AFPSSU*. Il devrait même être consolidé à l’avenir suite à la revalorisation récente de la profession de médecin scolaire, qui doit permettre d’attirer de nouvelles forces vives. Une chance pour assurer une bonne santé visuelle à nos enfants.

Une bonne vue pour préparer son avenir
L’enjeu est de taille, comme le souligne l’un des slogans de l’AsnaV, ‘’A l’école, la vue c’est l’avenir !’’ Une bonne vision est en effet déterminante pour le bien-être, l’apprentissage social et la réussite scolaire de l’enfant, et cela, dès le plus jeune âge. Rappelons qu’un enfant souffrant d’un déficit de vision de près aura des difficultés à apprendre à lire car sa vision des lettres est brouillée, qu’une vision du relief défaillante engendrera déséquilibre et maladresses, qu’une vision de loin insuffisante provoquera fautes d’inattention, manque d’intérêt pour l’environnement de la classe ou copiage sur le voisin ! Sans oublier la vision des couleurs qui peut gêner l’enfant dans certaines matières, en particulier la géographie.

Le dépistage, un enjeu collectif
On n’insistera jamais assez sur l’importance d’un repérage précoce des troubles visuels. ‘’Un défaut visuel existant entre 0 et 6 ans a 75% de chance d’être corrigé s’il est détecté à temps’’, indique Véronique Morin, Responsable Formation à l’AsnaV. ‘’Une vision du relief déficiente, qui témoigne d’une vision monoculaire, peut être rééduquée par l’orthoptie avant 6 ans’’, commente Marie-Hélène Lépinette. Etant donné l’enjeu, les enseignants sont aujourd’hui parties prenantes du dépistage. Grâce à leurs contacts quotidiens avec les enfants, ce sont de précieux relais. Les médecins et infirmières de l’AFPSSU développent avec eux une collaboration étroite et fructueuse mettant à profit leur vigilance.

Un dispositif perfectible
‘’Notre rôle est de dépister les troubles et d’orienter l’enfant’’, rappelle Marie-Hélène Lépinette. Toutefois, aucune donnée chiffrée ne vient attester que les recommandations de la santé scolaire sont bien suivies d’effets. Par ailleurs, des progrès restent à faire en matière de dépistage précoce. De nombreux cas d’amblyopie sont en effet détectés, aujourd’hui encore, vers 5 ou 6 ans, à un âge où les chances de rééducation sont déjà compromises… En attendant, le dépistage systématique au moindre doute reste le mot d’ordre. Marie-Hélène Lépinette y associe tous les professionnels de l’optique. ‘’L’opticien alerté par un comportement suspect chez un enfant doit inciter ses parents à l’emmener consulter un ophtalmologiste. Il ne doit pas craindre d’être mal jugé si le diagnostic n’est pas confirmé’’, insiste-t-elle. On l’aura compris, il vaut mieux pécher par excès que par défaut.

* Association Française de Promotion de la Santé Scolaire et Universitaire