L’AsnaV informe et prodigue ses conseils pour soigner l’amblyopie (perte de vision d’un oeil) dès le plus jeune âge

Soigner l’amblyopie (perte de vision d’un œil)

L’importance d’un dépistage et d’une prise en charge précoce

Paris, le 15 mai 2013 – Au lendemain de son Congrès, la Société Française d’Ophtalmologie (SFO) s’associe à l’AsnaV (Association nationale pour l’amélioration de la Vue) pour alerter le public, et en particulier les parents, sur la nécessité de déceler au plus tôt les anomalies de l’œil afin d’orienter à temps l’enfant vers le médecin ophtalmologiste et lui permettre de préserver le développement de sa vision.

 

L’amblyopie, perte de vision d’un œil qui aurait dû voir, touche 2 à 4% des enfants en France. Si une prise en charge de qualité n’est pas mise en place pendant les premières années de vie (dans l’idéal avant 4 ans et au plus tard avant 6 ans), cette mauvaise vision est définitive. Un dépistage précoce et bien fait est important et favorise la récupération. Explications par le Professeur Alain Pechereau, ophtalmologiste à Nantes.

 

Pourquoi intervenir dans les premiers mois / années de la vie est essentiel ?

L’enfant naît avec une acuité visuelle très basse : 1/50. Cette mauvaise acuité visuelle est liée à une immaturité de tous les composants de la voie visuelle ascendante. L’acuité visuelle va se développer progressivement pendant les premières années de vie. Sur une base innée, on apprend strictement à voir. Il s’agit d’un véritable apprentissage qui dépend de la qualité des images envoyées au cerveau.
L’âge auquel les enfants répondent aux fameux 10/10, est assez variable mais à 6 ans pratiquement tous les enfants répondent aux 10/10. D’autres fonctions s’installent beaucoup plus rapidement. La reconnaissance des visages, celui de la maman, en particulier, se met en place dès la troisième semaine de vie. La vision binoculaire normale qui permet de voir le relief, se met en place de façon presque mature vers le quatrième mois de vie.

 

Quelles sont les conditions pour que la vision de chaque œil soit bonne ?

Il faut deux conditions :

  • · Que le cortex visuel (la partie du cerveau qui traite l’information provenant des deux yeux) reçoive une image nette et de même taille de chaque œil.
  • · Que les deux fovéolas (la partie de la rétine qui permet les 10/10) regardent le même objet. En d’autres termes, qu’il n’y ait pas de strabisme.

 

Quels dépistages/examens de la vision doivent être effectués chez un jeune enfant ?

Les examens prévus dans le carnet de santé sont suffisants. Il suffit qu’ils soient faits et bien faits. Les deux tests essentiels pour un professionnel non spécialisé sont :

  • · La manœuvre d’occlusion (avec la main ou mieux avec un pansement). Elle compare le comportement de l’enfant quand on cache un œil puis l’autre. Le comportement doit être symétrique. Si ce n’est pas le cas, il faut demander un avis spécialisé.
  • · Le cover-test. En attirant l’attention de l’enfant par un petit jouet ou une lumière pas trop éblouissante, on cache un œil puis l’autre. Il ne doit pas y avoir de mouvements des yeux. Si l’on constate un mouvement d’un ou des deux yeux, il faut demander un avis spécialisé.

Ces deux méthodes peuvent être utilisées à tout âge. Deux autres tests plus spécialisés sont plus performants :

  • · Vers 3 à 4 ans la mesure de l’acuité visuelle, d’abord de près puis de loin, en préférant cette dernière qui est beaucoup plus précise.
  • · L’évaluation de la réfraction par un réfractomètre automatique portable qui permet de déceler les anomalies réfractives (astigmatisme, myopie et hypermétropie) responsables d’une mauvaise vision.

 

Quel est l’intérêt de dépister tôt ?

Plus on dépiste tôt, plus le traitement est efficace, simple et rapide. Avant 4 ans, la récupération est presque totale (95 % des cas). Après 6 ans, elle est beaucoup plus faible (20 %). Après 8 à 10 ans, elle est nulle.
Quel est le rapport entre l’amblyopie et le strabisme ?

Le strabisme et l’amblyopie sont étroitement liés. Dès que l’on a un strabisme, on voit double même si l’on n’en a pas conscience. Pour lutter contre cette vision double, le cerveau de l’enfant va oublier l’image d’un œil d’abord temporairement puis définitivement. C’est pourquoi la moitié des strabismes ont une amblyopie.

Devant tout strabisme permanent, il faut craindre l’amblyopie et avoir un rendez-vous de consultation spécialisée rapidement.